🪔 Un Moment De Convivialité Québécois Autour Du Maïs

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Le 14 juillet 2018, les participants accompagnés dans le cadre du Du1er au 6 juillet 2022. Et c'est parti dans d'excellentes conditions ! Sous le thème "VOYAGE AUTOUR DES ÎLES", le Tour des Ports du Morbihan se déroulera donc du 1er au 6 juillet avec un départ du Crouesty avec une arrivée à Port Haliguen. Voir le flyer. Cette régate, est comme toujours et grâce à vous, un bon moment de convivialité Lesétudiants et leurs intervenants ont partagé ce matin un moment de convivialité à l'école MBway Angers autour du petit déjeuner de noël. Aller au contenu principal FR; EN; Etre rappelé(e) JPO Candidature Documentation. Accueil ; MBway. Colonne 1 Mbway. Ecole de commerce et de management Richeen glucides et agréablement sucré, il fait le bonheur des petits et grands. Le maïs doux est riche en glucides et sources de fibres. Il se présente en grains doux ou en épi. Il est disponible toute l’année. A partir de 15 mois pour les bébés. Les épis ont une conservation limitée. Le maïs doux est sans gluten! Petitmoment de convivialité le vendredi soir Une fois par mois, après le cours, moment de partage et de convivialité autour d'un repas thématique. dimanche 26 décembre 2021. photo de fin d'année . Passages de ceintures réussis le 12 décembre ! Dimanche 12 décembre, 3 élèves du club ont réussi avec succès leur passage de grade : Henri (ceinture Latelier AU_FIL_DU_COEUR est un espace d’inspiration, de partage et de convivialité autour du geste créateur. Il a deux vocations : offrir à ses membres un espace pour se consacrer à leurs projects créatifs. organiser des workshops, les "rendez-vous créatifs" pour le public. RENDEZ-VOUS-CRÉATIFS Plus que des cours techniques ce sont des véritables moments de joie pour Lautruche: Un moment de convivialité autour d'une cuisine originale - consultez 375 avis de voyageurs, 104 photos, les meilleures offres et comparez les prix pour Arles, France sur vinset produits locaux en boutique et confectionnés en restauration terroir, sur terrasse ou en 1 place Marguerite de Bourgogne, 89700 Tonnerre, France Depuismai 2011, les riverains du chemin de Barmont fêtent les voisins. Cette année, Dominique et Krysia sont revenues spécialement de Bretagne pour partager ce moment. Parmi Lemaïs demande un sol profond, léger, frais et riche en humus. Lors de sa préparation, apportez du fumier ou du compost l'automne précédent le semis. Cela permettra d'enrichir le sol. Pour une plantation de maïs en ligne, il faut creuser des sillons de 3cm de profondeur. Semez clair, en rangs écartés de 70cm. Manytranslated example sentences containing "un moment de convivialité" – English-French dictionary and search engine for English translations. RestaurantCelia: Un bon moment de convivialité, autour d'un repas simple mais parfait. - consultez 90 avis de voyageurs, 76 photos, les meilleures offres et comparez les prix pour Arthez-de-Bearn, France sur Tripadvisor. 3U6Z. Si c’est encore la saison du farniente et des vacances, c’est aussi celle des récoltes. On pourrait d’ailleurs citer de façon ironique le dicton suivant Tu sais que les tomates sont mûres lorsque tu pars en vacances. » Ce mois-ci, le potager regorge de délices. Une période d’abondance et de convivialité, hygge, comme diraient les Danois. Légumes, fruits, plantes aromatiques, condimentaires de quoi faire des conserves et dîner entre amis. Voici la to-do list des jardiniers courageux du mois d’ récoltesLes courgettesToutes les courgettes sont à ramasser en ce moment car chaleur et arrosages leur permettent de pousser à vitesse grand V. Si vous en voyez des petites, de 10 centimètres de long avec une fleur au bout, cueillez-les et faites-les revenir, comme en Italie, telles quelles au barbecue, à la plancha ou à la poêle avec de l’huile d’olive et de l’ail. Sinon, revenez deux jours plus tard pour cueillir une belle courgette qu’il est possible de farcir avec du quinoa et des poivrons par exemple. Pensez à bien arroser et supprimez les feuilles jaunes ou fanées. Continuez à apporter de l’engrais de purin de consoude, maison ou du poivrons et pimentsLes premiers fruits arrivent. Cueillez-les en fonction de la force voulue tout est affaire de goût. Il faut savoir que cette plante n’aime pas être arrosée après 16 heures. Elle profitera de son arrosage le matin, alors que l’eau administrée après cette heure ne fera que rester dans le substrat de culture !Le maïs doux C’est le début de la récolte des épis de maïs doux, ou blé d’Inde » comme l’appellent nos amis Québécois. Là-bas, on fait des parties de blé d’Inde entre amis c’est le signe du début de la fin d’été. Pour savoir si l’épi est bon à cueillir, ce qui n’est pas évident vu qu’il est enveloppé par ses feuilles, il faut presser un grain à la base de l’épi entre les ongles des deux pouces. S’il en sort un jus laiteux, c’est que l’épi est mûr et que vous pouvez le récolter. Il sera sucré et refermez son enveloppe et laissez-le encore continuer sa framboisesIl existe deux variétés de framboises celles qui donnent une seule fois fin juin début juillet, dont on coupe au ras de terre les branches ayant fructifié dès qu’elles sont sèches en juillet, et celles d’automne, que l’on taille au printemps et qui donnent fin août et en septembre. Cette différence de planning est idéale pour récolter des fruits en quantité et sur une longue période de temps. Veillez à avoir suffisamment de framboises d’une même famille pour faire des confitures, des liqueurs ou des tartes. Les fraisesSi vous cultivez une variété de fraise remontante qui permet deux récoltes dans l’année et que vous avez bien coupé les stolons – les organes de multiplication –, c’est le moment de la deuxième récolte. Elle n’est pas aussi abondante, mais les fruits sont plus le feuillage, qui peut attraper de l’oïdium avec la chaleur et l’humidité si vous n’avez pas étalé de paille autour des plants pour les isoler de la terre et avoir des fruits propres. Supprimez tout le feuillage atteint, mais ne le mettez pas au compost, comme tous les feuillages ayant des lavandeConnue pour son parfum répulsif pour les insectes et apaisant pour le sommeil, la lavande est excellente en cuisine. Cueillez au ras du bois de l’année, pas plus loin, les épis de fleurs lorsqu’ils sont encore fermés juste quelques fleurs ouvertes en bas de l’épi. Puis, stockez-les dans un sac en papier durant un mois pour bien les sécher, avant de mettre en bocaux. Je vous conseille les délicieux muffins à la lavande, le cake lavande et angéliques confites, et les bons gestes du momentTailler les fruitiers en palmettesPour faciliter la production de pommes ou poires conduites en espaliers, c’est le bon moment pour opérer la taille d’été. Elle permet deux choses limiter la demande en énergie de la plante pour produire du bois inutile et garder sa sève pour approvisionner les fruits, qui grossiront donc toutes les branches sans fruit qui se croisent, pour leur éviter de se blesser par frottement lorsqu’il y a du vent, et rabattez les pousses qui dépassent la limite de hauteur impartie. Si vous avez de belles branches, gardez-les en branches maîtresses pour renouveler celles qui la production de tomatesPensez à supprimer les feuilles du bas de la tige avec des ciseaux pour qu’elles ne restent pas en contact avec la terre, qui peut donner des maladies mortelles à votre pied. Cela donnera des touffes. Pensez aussi à supprimer tous les départs de branches, même fleuris, au croisement des branches principales et de la tige. Ils sont inutilement gourmands en énergie et donnent trop de feuillage, ce qui empêcherait les fruits en place de prendre tout le soleil dont ils ont les friséesC’est le moment de blanchir les salades frisées, car leurs feuilles jaune-blanc n’ont pas l’amertume des vertes. Elles sont aussi plus tendres et croquantes. Pour cela, utilisez des cloches opaques, dites à blanchir » car elles ne laissent pas passer la peut aussi poser une grande assiette style retourne-omelette sur la salade. Elle empêchera également les feuilles de recevoir de la lumière et donc de produire de la des poireauxOn trouve de jeunes poireaux à repiquer en jardineries. Mettez-les immédiatement dans un seau avec un fond d’eau sur les racines. Enlevez la ficelle, car ils sont souvent vendus par bottes de cinquante les repiquer, coupez les jeunes racines pour ne garder que 2 centimètres, puis enlevez les feuilles jaunes ou fanées et raccourcissez le tout de 2 centimètres c’est suffisant pour que le feuillage reste bien droit. Avec un transplantoir fin, faites un trou assez profond pour obtenir un long fût bien blanc. Posez le jeune poireau dedans, sans écraser les racines, remplissez le trou avec de l’eau et ramenez la terre pour le boucher. Arrosez bien durant l’ les épinardsLes épinards de jardin sont les meilleurs, c’est bien connu. En salade ou cuits, ils feront le bonheur des repas familiaux. C’est le moment de les semer directement en place. Ne choisissez pas une plate-bande très exposée au soleil l’épinard aime plutôt la du poulaillerSi vous appréciez vos poules pour les bons œufs qu’elles vous donnent toute l’année ou presque, sachez qu’août et septembre constituent la période de la mue suivant les races. Autrement dit, elles refont un nouveau et beau plumage pour affronter l’hiver qui vient. Vous allez donc trouver des plumes un peu partout tandis que vos poulettes vont arrêter de pondre. On ne peut pas faire deux choses à la fois !Ne pensez pas qu’il s’agit d’une attaque de prédateurs, il s’agit d’un cycle normal dès la deuxième année. Donnez-leur des miettes pour poussins, que vous trouverez en magasins spécialisés ou sur des sites Internet comme spécialisé dans les céréales mélanges spéciaux de plusieurs éléments, qui aident à la croissance des jeunes, contiennent en général des vitamines qui aideront aussi les adultes durant cette période un peu fatigante. Elles n’en repondront que plus vite !Déguster !Si vous avez des récoltes abondantes, ce que je vous souhaite, faites des conserves. Cela demande un peu de préparation, mais cet hiver, vous ne jurerez que par elles plutôt que le congélateur. Utilisez les nouveaux stérilisateurs électriques ils sont pratiques, sûrs et si les conserves ne vous tentent pas, invitez les amis et faites-leur goûter vos récoltes maison. Ils jouiront du vrai goût des bonnes choses. L’ambiance sera à la détente et à l’authenticité !ET VOUS ?Qu’avez-vous prévu de faire dans votre potager au mois d’août ? Partagez photos et astuces dans la partie commentaires ci-dessous !Retrouvez plus de conseils pour cultiver votre jardinDécouvrez d’autres plantations de saison 1Montréal est régulièrement présentée comme une ville particulièrement accueillante pour les populations homosexuelles et elle occupe une place de choix dans la géographie internationale du tourisme gay Jaurand et Leroy, 2010. L’un des attraits spécifiques de la ville est l’importance et l’étendue de son quartier gay », le Village, situé dans le secteur de Centre-Sud, quartier majoritairement francophone du sud-est de l’île de Montréal Higgins, 2000. Les délimitations du Village sont clairement établies par le zonage urbain de type nord-américain et par l’ensemble des découpages de l’espace montréalais plans, guides, découpages administratifs. Pourtant, à la fin des années 1970, le Village Gai [1] n’existe pas, les abords, aujourd’hui florissants, de la rue Sainte-Catherine, sont désaffectés et les logements sont vétustes. En une trentaine d’années, la métamorphose de Centre-Sud a été spectaculaire et le rôle des gays a été décisif Remiggi, 1998. Derrière la célébration de la réanimation et la renaissance » d’un quartier, des transformations sociologiques se dessinent aussi. Elles entremêlent la requalification d’un quartier central à des processus plus singuliers de visibilité croissante des homosexualités dans les villes et sociétés occidentales Aldrich, 2004. Cet article s’intéresse à ces transformations, en revenant sur l’histoire de la conquête d’un espace par des minorités socio-sexuelles longtemps restées invisibles et cantonnées à une vie secrète dans l’espace urbain. 2Parce qu’elle diffère des normes socio-sexuelles dominantes, l’homosexualité a pu être décrite comme un stigmate social ou une déviance vis-à-vis de normes hétérosexuées Goffman, 1975. Des travaux comme ceux de Goffman ont aussi envisagé des configurations dans lesquelles un tel stigmate pouvait être inversé » et constituait alors un élément valorisant de sa propre identité sociale, voire le support d’une appartenance collective vécue comme positive. Par une socialisation secondaire aux effets profonds et durables, la déviance peut engager la construction d’une identité sociale transformée et valorisante Goffman, op. cit. ; Warren, 1980. Le cas du Village Gai de Montréal permet d’observer le rôle de l’espace urbain dans ce processus d’inversion du stigmate. Il met au jour le caractère de ressource sociale que l’espace peut constituer pour des minorités urbaines, tout en interrogeant les capacités de mobilisation de certaines de ces minorités. L’enquête conduite dans le quartier gay de Montréal éclaire une partie de ces processus. Regroupant des matériaux variés encadré 1, elle permet de décrire la genèse du Village Gai comme un espace-refuge que les gays investissent dans un contexte socio-historique bien particulier. Les matériaux réunis montrent qu’au refuge des années 1980 se substitue progressivement un espace organisé, institutionnalisé et approprié par certaines composantes des populations homosexuelles. À la quête d’un refuge succède une affirmation spatiale et sociale plus visible, dans laquelle l’espace urbain est une ressource à la fois concrète et 2005-2008Consacrée aux quartiers du Marais Paris et du Village Montréal, l’enquête portait sur la transformation de ces deux quartiers depuis les années 1970. Seul le volet montréalais est mobilisé ici. Il regroupe plusieurs matériaux données quantitatives sur les commerces gays et l’évolution de la sociologie résidentielle du quartier, données d’archives sur la presse gay et généraliste de Montréal depuis la fin des années 1970 bibliothèque du Centre communautaire du Village, fonds des Archives gaies du Québec, observations ethnographiques et entretiens exploratoires ont été conduits avec certains acteurs locaux commerçants, anciens habitants, agents immobiliers, responsables associatifs. Une vingtaine d’entretiens plus approfondis a été réalisée auprès de gays âgés de 26 à 62 ans habitant ou ayant habité le Village au cours de leur vie. Ils abordaient différents aspects de leur vie dans le quartier logement, commerces, loisirs, voisinage et de leurs trajectoires professionnelle, résidentielle, familiale et biographique. Le recrutement a mobilisé plusieurs voies annonces dans le quartier et sur Internet, réseaux de voisinage, associations locales, gays ou non, en jouant sur l’effet boule de neige ». Les prénoms cités ont été genèse du Village Gai trouver refuge dans l’espace urbain3À la fin des années 1970, il existe des lieux homosexuels à Montréal. Quelques tavernes et cabarets, plus ou moins officiellement gays, prennent place dans un petit secteur de l’Ouest anglophone de Montréal, le Red Light des rues Stanley et Peel. Les témoignages des enquêtés les plus âgés et les premiers numéros de la revue Le Berdache montrent que ces lieux composent un paysage homosexuel semi-clandestin et fragile. Les contraintes législatives, les interventions policières et les réprobations morales et sociales à l’égard de l’homosexualité constituent le quotidien de ces lieux, de leur personnel et de leur public. Mais les années 1980 bouleversent rapidement la grand déménagement une minorité en mouvementTableau 1Répartition des commerces gays par secteurs géographiques, 1980-1985Répartition des commerces gays par secteurs géographiques, 1980-19854La géographie des lieux et commerces gays de Montréal se transforme profondément entre la fin des années 1970 et celle des années 2000. Le tableau 1 montre la forte croissance du nombre de lieux à l’échelle de Montréal, mais surtout leur concentration dans le quartier du Village. 5Le changement est brutal au début des années 1980. Dès 1985, le Village rassemble la moitié des commerces gays de Montréal, contre seulement 15 % cinq ans plus tôt. Le Red Light de l’Ouest, secteur-phare de la vie gay locale depuis les années 1960, s’efface du paysage en quelques années. Les relevés annuels montrent que ce grand déménagement » se réalise en deux ans, entre 1983 et 1985. Ce déplacement n’est pas, à proprement parler, un déménagement les lieux de l’Ouest ferment et de nouveaux lieux ouvrent dans le Village. La nouveauté » ne concerne pas seulement la localisation, mais aussi le type de lieux gays qui apparaissent dans ce secteur. Une spécificité du Village Gai est de regrouper très tôt des lieux commerçants diversifiés. Au Red Light des bars nocturnes et des cabarets succède un Village plus diversifié, où l’on trouve des commerces et des services gays autres que les secteurs traditionnels de la nuit. Le tableau 2 illustre cette diversification, dès le début des années 1980 Tableau 2Structure du commerce gay par secteurs* et par quartiers, 1980-1985Structure du commerce gay par secteurs* et par quartiers, 1980-1985* Bars bars, bistrots, restos restaurants, discos discothèques, night-clubs, sexe saunas, sex-shops, backrooms, autres autres types de commerces et services disposant d’un local commercial6Dès 1985, on trouve de nouveaux commerces classés gays », rue Amherst et rue Sainte-Catherine boutique de vêtements La frippe du Village, d’art ou d’alimentation Pamplorange. Certains services classés gays » s’installent aussi dans le Village dès le départ » dentistes, avocats, coiffeurs, médecins et même une clinique identifiée gay », au 1010, rue Sainte-Catherine-Est, la clinique l’Alternative, ouverte en 1985. Cette diversification constitue une tendance durable du Village. Dans la revue Fugues, à partir de 1984, les encarts publicitaires insistent sur les mêmes éléments extension des horaires d’ouverture, présence d’une terrasse. Des lieux comme La Taverne du Village, le Rendez-vous ou la Garçonnière sont respectivement valorisés comme authentique taverne au cœur du Village de l’Est », seul restaurant disposant d’une terrasse conviviale dans le Village » ou bar-resto avec une salle chaleureuse » Fugues, juillet 1985. Cette convivialité est accentuée par l’apparition progressive de photographies de ces lieux dans la presse gay montréalaise à partir de 1983. Les clichés montrent des groupes de clients et surtout leurs visages, leurs sourires, leur allure décontractée et festive. Si l’évolution de la législation sur l’homosexualité a commencé dès la fin des années 1960, un amendement interdisant la discrimination selon l’orientation sexuelle est intégré dans la Charte des Droits et des libertés du Québec en 1979 et, surtout, les mobilisations militantes contre la répression policière envers les lieux homosexuels connaissent une ampleur retentissante dans les années 1977-1980 Demczuk et Remiggi, 1998. Les contestations homosexuelles gagnent du terrain. La libéralisation des mœurs en cours depuis la Révolution tranquille des années 1960 se traduit par une tolérance accrue à l’égard des homosexualités et par la constitution d’un militantisme homosexuel plus visible et à l’audience plus large depuis le milieu des années 1970. L’investissement d’un nouvel espace s’accompagne d’une visibilité croissante inaugurant une remise en cause de la marginalité sociale et spatiale des modes de vie gays. Or, cette remise en cause est aussi portée par un autre levier important, celui de la presse gay de l’ conquête de l’espace comme mot d’ordre7L’espace constitue une préoccupation récurrente des cultures homosexuelles occidentales et contemporaines, bien au-delà des années 1980 et du cas québécois. L’espace apparaît à travers la recherche d’une ville, d’une région ou d’un lieu autre », où l’homosexualité serait quantitativement présente et surtout plus facile à vivre. Objet d’une quête plus ou moins située, ce lieu » conjugue les hétérotopies foucaldiennes à plusieurs espaces concrets la campagne bucolique, le port des marins de passage, les lieux secrets de la nuit urbaine. Mais la presse gay montréalaise des années 1980 ajoute l’échelle intra-urbaine et célèbre un nouvel espace des possibles, celui du Village ». Systématisée dès les années 1981-1982, l’appellation Village » fait référence au quartier new-yorkais du West Village, investi par les gays depuis les émeutes du Stonewall Inn de 1969. Ce quartier est d’abord célébré parce qu’il est nouveau et qu’il s’oppose aux traditions et aux habitudes du passé C’est tout nouveau et c’est à l’Est. ! Les gays de Montréal auront, eux aussi, leur Village, bien loin des bars de l’Ouest » Le Berdache, 1981. 8Dès le milieu des années 1980, Fugues voit dans le Village un espace inédit où les modes de vie gays se déploient librement et donnent le ton il est sans cesse question de notre quartier », notre Village ». Les descriptions du quartier mobilisent la fierté, traduction francophone de la pride anglo-saxonne, encourageant les gays à sortir du placard » De plus en plus, le Village regorge de boutiques diverses, propres à satisfaire vos goûts et vos besoins. On n’en est pas peu fiers » Fugues, 1986. 9La thématique du réveil » signale l’ampleur des changements et des attentes homosexuelles l’heure est au réveil de l’Est, après des années de ron-ron » Fugues, juillet 1985. Dès les années 1980, cette image de la conquête est reprise par la presse généraliste montréalaise qui signale, elle aussi, la conquête spatiale des gays et l’émancipation plus générale des homosexualités occidentales. Ainsi, ce titre à la Une Les gais déménagent. De l’ouest au Village de l’est’ » La Presse, 18 mars 1984. Cette presse, à l’audience plus large, participe elle aussi à la construction d’un espace refuge où les homosexuels, longtemps marginalisés, trouveraient enfin un espace de liberté accrue. Mais la genèse du Village Gai de Montréal n’est pas réductible aux transformations endogènes » des homosexualités montréalaises. Elle renvoie aux évolutions sociologiques d’un secteur du centre de Montréal favorisant la constitution d’un quartier espace des possibles10Peu de travaux interrogent les contextes urbains et sociaux dans lesquels de tels lieux homosexuels apparaissent et se développent. Pour le Village Gai, des conditions socio-spatiales particulières favorisent l’installation dans ce lieu et l’investissement du quartier par les populations gays. Dans Montréal, le secteur Centre-Sud est un espace disponible de fait la vacance commerciale est élevée, les logements souvent de faible qualité et l’immobilier accessible. Quartier accueillant des industries traditionnelles, en déclin depuis les années 1970, ce secteur offre des espaces vacants et disponibles. À l’époque, son image est peu attractive. Au moment où le Red Light de l’Ouest est le théâtre d’opérations policières et d’une politique de nettoyage », depuis la fin des années 1960, Centre-Sud est un espace de repli possible. Dans les années 1980, la presse y voit un lieu libéré des pressions policières et offrant un calme » nouveau. Le climat culturel et politique de Montréal permet aussi, depuis la fin des années 1960, certaines convergences entre le militantisme spécifiquement homosexuel, l’affirmation d’un nationalisme québécois et d’une identité francophone. Mises en lumière par plusieurs travaux, ces convergences s’incarnent et s’orientent géographiquement vers l’Est francophone de la ville Demczuk et Remiggi, op. cit. ; Guindon, 2001. Les récits des enquêtés les plus âgés de notre corpus viennent confirmer les collusions d’intérêts entre militants gays et militants nationalistes, les dimensions classistes » de ces luttes les francophones et les gays contestant le pouvoir des élites anglo-saxonnes et leurs aspects urbains les quartiers plus populaires de l’Est s’affirmant contre une domination de l’Ouest anglophone. Plusieurs rassemblements contre la répression policière envers les gays au début des années 1980 partent du Red Light mais se terminent désormais dans le quartier Centre-Sud, notamment lors de la fête de la Saint-Jean, fête nationale du Québec, le 24 juin. Au cours des années 1980, cette convergence entre identité populaire francophone et homosexualités se manifeste à travers une série d’événements et de festivités dans le quartier, dont certains événements typiques de la culture populaire québécoise réinvestis par les bars et les associations gays du Village. À la Fête de la Saint-Jean s’ajoute celle des épluchettes de blé d’Inde », organisées régulièrement dans le quartier depuis les années 1980 [2]. L’émergence du Village Gai de Montréal se nourrit d’un contexte culturel particulier où des identités minoritaires et contestataires convergent, au moins ponctuellement, favorisant la territorialisation nouvelle des homosexualités montréalaises. 11Le secteur Centre-Sud se transforme aussi sociologiquement depuis la fin des années 1970. Amorcée dans les années 1970, le quartier connaît une gentrification marginale qui s’affirme au début des années 1980. Dans la littérature sur la gentrification, ce processus est qualifié de marginal car il n’est pas encore porté par des populations économiquement favorisées, mais par des habitants plus jeunes, plus diplômés et vivant en ménage de petite taille [3] Rose, 1984 ; Van Criekingen, 2003. Ce sont plutôt des classes moyennes qui fréquentent, ou ont fréquenté, l’université toute proche l’uqam, ou qui travaillent dans des secteurs de plus en plus présents dans la partie Est de Montréal éducation, santé, administration. Perceptibles dans les recensements de 1976, 1981 et plus clairement en 1986, ces évolutions n’ont pas encore l’ampleur des processus classiques et rapides de gentrification Bidou-Zachariasen, op. cit.. Elles montrent que Centre-Sud se renouvelle au début des années 1980 s’il demeure globalement un quartier pauvre et financièrement accessible, cette population plus jeune et plus diplômée constitue un environnement plus tolérant et favorable à l’installation d’habitants homosexuels. C’est ainsi que l’envisagent alors les habitants gays plus âgés, interrogés en génération de réfugiés12Plusieurs habitants gays du Village se sont installés dans le quartier au début des années 1980. Au regard des habitants plus récents, ils apparaissent bien constituer une génération singulière tant dans leur rapport à l’homosexualité que dans leur rapport au quartier. Au moment de l’entretien, une partie d’entre eux est retraitée, mais tous ont connu globalement des trajectoires d’ascension sociale en provenance d’origines populaires et exerçant des professions de classes moyennes. Leurs parcours sociaux et résidentiels sont ceux qui ressemblent le plus au modèle décrit par certains comme celui d’une fuite vers la ville spécifique aux homosexuels. Originaires de familles populaires et souvent rurales, ils arrivent très tôt à Montréal pour y faire des études ou commencer à y travailler. L’arrivée à Montréal inaugure d’emblée une homosexualité plus facile à vivre car trouvant dans la grande ville davantage d’occasions et de possibilités de s’actualiser par la rencontre ou par les pratiques sexuelles. Mais le Village produit aussi l’impression de rejoindre son monde ou ses pairs 13 Je voulais rester avec mon milieu, je cherchais dans ce quartier-là, je me sentais plus protégé dans cette place […] Ici, je suis avec mon monde ». 14Cette génération a souvent vécu son homosexualité dans le secret et a pu trouver dans l’espace du quartier un refuge concentrant des lieux et des populations gays, facilitant ainsi les rencontres. Dans le cas de Montréal, il faut souligner trois éléments. Ces enquêtés sont surtout francophones et cela oriente leurs pratiques et leurs représentations, en particulier en ce qui concerne l’espace urbain 15 Moi quand je suis arrivé à Montréal, c’était les bars de l’Ouest, sur Stanley, à l’époque c’est là que ça se passait. Je n’aimais pas beaucoup les anglais moi, d’ailleurs je suis un peu comme raciste là dessus, mais, avant le Village, on n’avait pas le choix, c’était ça ou rien ». 16D’autre part, le vécu de l’homosexualité est celui d’une identité minoritaire cela était vrai en famille et plus jeune, cela reste relativement vrai après l’installation dans le quartier et plusieurs années après, au moment de l’entretien. On est loin, ici, d’une image émancipée et libérée de l’homosexualité, qui s’afficherait et se vivrait normalement ». Enfin, si cette homosexualité n’est pas l’objet d’un investissement militant, elle reste l’enjeu d’une identification collective qui sépare du monde hétérosexuel 17 Faut dire que le gai il va vite reconnaître l’autre gai, le straight lui il ne comprendra pas, mais nous on se reconnaît, c’est comme ça, tu ne peux pas l’expliquer ». 18Témoin d’une époque, d’une histoire homosexuelle et d’une histoire locale, cette génération de primo-arrivants semble aujourd’hui en décalage avec ce qu’est devenu le Village. Pour ces gays, comme pour une génération pionnière de commerçants et de militants gays, la genèse du Village s’inscrit dans un moment historique et biographique singulier. Une minorité sexuelle en fuite trouve ici son propre monde » social et spatial. Mais cette configuration évolue considérablement depuis la fin des années 1980. Les années 1990 inaugurent un retournement des logiques socio-spatiales et le refuge cède la place à l’espace de la reconnaissance et de la conversion du stigmate en ressource urbaine et identités homosexuelles le quartier comme ressource19Depuis la fin des années 1980, les formes de la présence homosexuelle dans le Village Gai ont changé. Plus nombreuses, plus visibles et plus institutionnalisées, elles illustrent le rôle central des gays dans la requalification d’un quartier de Montréal dont ils ont été les principaux acteurs depuis vingt ans. Au refuge minoritaire succède un espace urbain attractif, objet d’investissements économiques et symboliques, mais aussi culturels et touristiques. De nouvelles générations homosexuelles mobilisent intensivement le quartier à la faveur d’un travail social de conversion celle du stigmate minoritaire en ressource individuelle et et rayonnement d’une rue20Au début des années 1990, les mots d’ordre militants s’actualisent de manière spectaculaire dans l’affirmation d’une identité homosexuelle désormais visible sur la scène sociale et urbaine. Dans plusieurs pays occidentaux, les années 1990 signalent la visibilité croissante des mouvements gays et lesbiens à travers les mobilisations contre l’épidémie de sida, l’audience croissante des manifestations de la Gay Pride et la lutte pour l’égalité des droits sociaux Chamberland, 1997. Sur le terrain montréalais, le Village Gai se développe considérablement et trouve dans la rue Sainte-Catherine l’espace de promotion et de construction d’une vitrine urbaine Higgins, op. cit.. Cette artère centrale du quartier concentre la majorité des commerces et des établissements gays du quartier. 21La croissance quantitative du nombre d’établissements s’accompagne d’un affichage identitaire nettement plus fort dans l’espace de la rue [4] et du développement de lieux de plus en plus grands et de plus en plus fréquentés les complexes festifs et nocturnes Sky Pub 1994, Bourbon 1995, Parking 2000 ou Unity 2002. Plus largement, la rue Sainte-Catherine est l’objet de nombreuses rénovations et réhabilitations qui visent à embellir l’espace public et à promouvoir son attractivité piétonnière et commerçante. La transformation de cette rue est largement portée par les commerces et commerçants gays. Ils représentent la majorité des nouveaux lieux de Sainte-Catherine et organisent, dès le début des années 1990, le week-end Black and Blue [5] et le Festival Divers/Cité [6] », qui rassemblent des dizaines de milliers de personnes dans la rue Sainte-Catherine, rendue piétonne pour l’occasion. La structuration d’un secteur commerçant gay aboutit à la création, en 1999, de l’Association des commerçants et professionnels du Village acpv, qui devient, en 2003, la Société de développement commercial sdc du Village. Régulièrement consultées par les autorités municipales, ces nouvelles structures entrent progressivement dans le jeu institutionnel de la vie locale. La sdc du Village devient un acteur incontournable l’installation d’un commerce sur la rue Sainte-Catherine entraîne l’adhésion quasi-automatique à la sdc, quel que soit le type de commerce concerné. Les pouvoirs publics enregistrent après coup » ces changements et viennent soutenir un développement commercial relativement autonome dont ils commencent à percevoir les effets économiques et touristiques, dans les années 1990. Entre 1992 et 1996, la Ville de Montréal investit plus de cinq millions de dollars pour rénover la rue Sainte-Catherine trottoirs, éclairages, espaces publics et le Programme opération commerces de Montréal poc subventionne, en 1995, la rénovation du Complexe Bourbon et du Sky Club. L’intervention visible et croissante d’une génération d’entrepreneurs de la minorité transforme le paysage local et prend une part active dans la requalification du minorité puissante ?22Depuis le début des années 1990, les gays n’apparaissent plus comme une minorité réfugiée mais comme une minorité agissante, gagnant en pouvoir et en influence, au moins localement. La presse gay des années 1990 insiste sur un acquis territorial durable et Fugues relaie et développe cette image avec ses titres Le Village est là pour rester ! » Fugues, Décembre 1995, Après la croissance, la consolidation » Fugues, Août 1996 ou ses numéros spéciaux focalisés sur le Village Montréal la Mecque rose d’Amérique ? », Juillet 1995 ; Diversités la fête bat son plein dans le Village », Juin 1998. Plus que dans les années 1980, cette image est mise en avant par une presse généraliste qui enregistre l’influence croissante des gays et l’aborde dans des articles aux titres significatifs Un ghetto gai à Montréal ? » Le Journal de Montréal, 24/06/1986, Maîtres de la rue » La Presse, 22/07/1990, Un pouvoir gai ? » Le Devoir, 31/10/1992. L’audience croissante du Village, au-delà des seuls cercles et médias spécialisés, élargit encore l’emprise symbolique des gays sur le quartier. 23La reconnaissance sociale et symbolique passe aussi par une forme d’intrusion de l’identité homosexuelle dans de nombreux aspects de la vie du quartier, au-delà des seuls lieux gays. Cela traduit, dans le cas du Village Gai, le succès de la notion d’accommodement, qui se diffuse au Québec dans les années 1990 et qui désigne l’aménagement et l’assouplissement de certaines règles et lois au bénéfice de certaines personnes ou certains groupes subissant des discriminations. Par extension, les accommodements raisonnables renvoient, au Québec, à différentes formes d’adaptation des espaces publics à certains particularismes religieux, culturels ou identitaires. De fait, dans le Village Gai des années 1990, plusieurs grandes enseignes ou chaînes commerciales ouvrent une agence, une franchise ou un commerce adoptant le code pictural arc-en-ciel ou proposant des services spécialisés pour les gays chaînes de restauration, banques. La station de métro locale, Beaudry, est rénovée en 1999 et prend, elle aussi, les couleurs de l’arc-en-ciel. Le centre communautaire du quartier, initialement en charge de certains services sociaux et culturels destinés aux familles populaires du quartier, accueille les associations de loisirs et de santé destinées aux gays. L’église du quartier, Saint-Pierre l’Apôtre, s’affiche également, depuis une quinzaine d’années, comme église ouverte ». Cette ancienne église du quartier s’est progressivement accommodée de l’homosexualité en accueillant notamment des malades du sida au début des années 1990 et en inaugurant, en 1996, un mémorial aux victimes du sida dans sa chapelle. Les messes auxquelles nous avons pu assister confirment la forte présence de fidèles gays et les inflexions d’une liturgie catholique devenant gay friendly Koussens, 2007. Ce n’est plus l’aspect minoritaire des gays qui caractérise leur présence dans le Village, mais leur influence locale sur différents aspects de la vie du quartier. Ce n’est plus non plus la même homosexualité qui est vécue par les nouvelles générations gays du social, changement local l’homosexualité comme ressource24À partir des années 1990, investir, pratiquer ou habiter le Village constitue une expérience sociale et spatiale bien différente de celle du refuge initial. Les gays qui s’installent à présent dans le Village ont souvent connu des parcours d’ascension sociale et ont acquis des capitaux économiques, scolaires et culturels plus élevés. Ils ont vécu leur homosexualité, notamment le début de leur carrière gay », dans un contexte historique et culturel de plus grande tolérance et de visibilité croissante. L’imbrication de leurs parcours individuels et de l’histoire collective des homosexualités explique de nouveaux rapports au Village Gai, qui constitue, dès le début de leur parcours, une réalité visible et institutionnalisée. Leur vie gay apparaît alors plus facile » et moins secrète 25 Le Village est né, j’ai continué à sortir régulièrement et là c’était plus avec beaucoup d’amis, le cercle était plus grand, c’était plus ouvert aussi, c’était très différent avec l’ouverture sociale, on sortait souvent, moi j’adorais danser donc on allait danser, c’était beaucoup plus facile après, le Village c’était plus la même époque ». 26Leur homosexualité s’affiche plus volontiers au quotidien travail, amis, famille et déborde la seule sexualité pour imprégner pratiques, sociabilité et modes de vie. Venir habiter dans le Village correspond alors à un choix positif nourri par une double motivation habiter un quartier central à présent attractif et profiter de ses aménités spécifiquement gays. Le quartier se gentrifie clairement dans les années 1990 si une part importante de logements sociaux et de familles modestes s’y maintient, plusieurs secteurs sont l’objet d’une gentrification plus intense, les gays étant des participants actifs [7]. Dans ce contexte, un subtil mélange s’opère entre homosexuels et hétérosexuels, mais à la faveur d’attributs sociologiques bien particuliers 27 Le propriétaire c’est Jason, qui est hétérosexuel, mais très gay friendly, il est anglophone et a choisi le Québec dans les années 1970 à cause de l’esprit bohème, il avait essayé de vivre à plusieurs endroits, et quand il est arrivé à Montréal, il aimait l’esprit réfractaire, à l’ordre établi, il s’entendait super bien avec les quelques gais établis ici à l’époque, dans le quartier, et c’est pour ça qu’il a choisi d’habiter ici, alors c’est un hétéro mais gai dans l’âme, un peu artiste, bohème ; à côté, c’est un couple âgé homosexuel, qui loue ses appartements sans préférence mais c’est presque tous des homos ; dessous, il y a Kate, qui est hétérosexuelle, mais qui, d’après moi, quand elle a emménagé, a quitté son chum, pour se diriger vers autre chose, je pense que présentement elle est en période exploratoire, je la dirai bisexuelle ; ma voisine immédiate est une anglophone de l’ouest de l’île, designer d’intérieur, et qui est lesbienne ». 28De tels récits montrent que l’installation de certains types de population dans le Village favorise à présent des affichages homosexuels plus visibles et moins stigmatisants que par le passé. L’homosexualité peut même apparaître valorisante pour ces nouveaux habitants, culturellement favorisés et ouverts », voire franchement gay friendly. Elle peut aussi être recherchée pour des motifs plus opportunistes certains propriétaires l’envisagent comme une garantie » économique [8] 29 Quand un propriétaire vient me voir pour louer son loft, lui, il sait pertinemment qu’il va le louer à des gais, et il veut des garanties, on sait qu’avec un couple gai, il va avoir les garanties parce qu’il y aura de l’argent et parce qu’il veut que son appartement soit entretenu […] Il sait qu’en venant ici, il aura pas de soucis, c’est pour ça qu’il cherche plutôt des gais. » 30Paul, gérant d’une agence immobilière du quartier spécialisée dans la clientèle homosexuelle, illustre d’une autre manière le changement de statut de l’homosexualité à la faveur des transformations du quartier. Quelque temps après l’entretien, les archives de la presse gay montréalaise nous permettent de retrouver Paul lors de nombreuses soirées et de nombreux événements gays de la vie du Village à partir de la fin des années 1980. Il s’agit de soirées festives dans les bars gays du quartier et d’activités ou d’événements plus clairement militants. On comprend mieux l’insistance de Paul à pointer le rôle de ses relations » et de son réseau » dans son activité professionnelle. Les engagements passés, notamment militants, fournissent une forme de capital local, reconverti professionnellement Tissot, 2010 ; l’investissement du Village oriente en partie une trajectoire socio-professionnelle. Ce n’est pas un cas isolé, plusieurs exemples montrent que l’homosexualité et les réseaux qu’elle produit localement peuvent constituer ce capital local offrant des relations, du travail, voire une position urbain, identités et mémoire homosexuelles31À travers les expériences successives de générations d’habitants gays comme à travers les changements sociaux d’un quartier, le statut d’une minorité urbaine se trouve transformé. À la diversification commerçante s’ajoute celle des cultures homosexuelles et l’enquête ethnographique rend compte de cette diversité. Si le Unity ou le Sky sont des bars-discothèques fréquentés par une clientèle jeune » et branchée », un bar comme le Stud accueille une clientèle plus âgée, mobilisant les codes d’une homosexualité plus virile », celle de la culture gay bear [9]. Depuis 2000, l’Aigle Noir, attire une clientèle adoptant les normes de la culture cuir », associant un code vestimentaire aux codes sexuels des cultures sadomasochistes. L’enquête montre que ce bar accueille un public plus âgé et plus favorisé culturellement que le Sky par exemple. À l’intérieur même des frontières d’un quartier gay, ces exemples rappellent que les homosexualités sont différenciées et que la minorité gay » n’est pas homogène. Plus encore, le Village est à la fois habité et fréquenté par les gays si la rue et les bars du quartier restent en partie accessibles à des populations variées, n’habitant pas nécessairement à proximité, habiter le Village Gai reste l’apanage des classes moyennes supérieures aujourd’hui. Construit essentiellement au masculin, le Village n’a jamais non plus constitué un espace lesbien. Les lesbiennes ont investi d’autres espaces montréalais selon des formes plus résidentielles et moins visibles mais réelles Podmore, 2006. Ces différents éléments nuancent l’idée d’un territoire homosexuel communautaire si la morphologie urbaine et l’importance des institutions gays locales accréditent ce modèle urbain, la diversité des parcours et des rapports à l’homosexualité des citadins fréquentant le quartier tempèrent cette image. 32Cette diversité est accentuée par la présence de populations hétérosexuelles qui peuvent évidemment habiter le quartier, mais aussi le fréquenter et s’y divertir. Le développement du tourisme urbain et l’existence de lieux mixtes bars, restaurants, commerces favorisent le décloisonnement des univers homo et hétérosexuels. Comme dans d’autres quartiers gays ou dans certains quartiers ethniques, le quartier minoritaire » devient objet de curiosité et d’exploration pour les populations majoritaires ». L’altérité et l’étrangeté [10] apparaissent ici comme des facteurs d’attractivité urbaine Rushbrook, 2002 et le quartier gay contribue ainsi, paradoxalement, à brouiller certains clivages identitaires 33 Maintenant tu as des gars avec des filles dans le Village, tu t’en vas cruiser un gars mais tu sais plus si le gars il est avec la fille, tu as des p’tits jeunes bien mignons là, mais tu sais plus si ils sont gays, mais avant, 99 % étaient des gays ». 34Aujourd’hui, l’aventure urbaine du Village Gai possède une dimension mémorielle et quasi-mythologique pour les gays eux-mêmes et, plus largement, pour Montréal. Certains des premiers lieux gays du quartier sont toujours visibles. La façade du pionnier Resto du Village est régulièrement repeinte aux couleurs arc-en-ciel on y sert une cuisine québécoise traditionnelle et l’on y trouve, sur les murs, de nombreuses photographies et affiches sur l’histoire du quartier, dans ses dimensions gays mais aussi ouvrières. Sur la rue Sainte-Catherine, à l’angle de la rue Panet, se dresse un mémorial en souvenir des victimes du sida. Inauguré officiellement en 1996, il avait, en réalité, déjà été spontanément investi par plusieurs associations de lutte contre le sida dès 1993-1994. Rue Plessis, depuis 1988, le Centre communautaire des gais et lesbiennes de Montréal accueille un fond d’archives gays et lesbiennes. Ces différents lieux participent à la construction d’une mémoire locale gay dont le Village est le lieu d’accueil et le cadre de référence. Cette mémoire spécifiquement urbaine se nourrit aussi du rappel fréquent de l’histoire du quartier gay dans la presse spécialisée de Montréal. Le Village s’inscrit dans une histoire et une géographie homosexuelles qui dépassent le cadre local et national pour rejoindre une mythologie urbaine des quartiers gays nord-américains où l’on retrouve le Castro District de San Francisco ou Christopher Street à New York. Dans un quartier parfois critiqué pour son conformisme et ses aspects touristiques, une part essentielle de l’histoire et de la mémoire d’une minorité sexuelle continue à s’écrire aujourd’hui. 35À Montréal, la constitution d’un quartier gay montre que les homosexualités, comme d’autres identités minoritaires, ne sont en rien figées ou stables dans le temps. Si l’investissement du secteur Centre-Sud par les gays renvoie largement à la conquête spatiale d’un refuge identitaire, les changements urbains et la transformation des expériences homosexuelles modifient les formes, les structures et la signification même du Village Gai. En investissant un espace disponible, certaines populations gays prennent une part active dans la transformation de l’espace urbain tout en modifiant aussi les manières de vivre et de se représenter l’homosexualité. Lorsqu’elle prend des formes socialement respectables » et qu’elle participe à la requalification urbaine, l’homosexualité constitue une ressource valorisée et valorisante, retournant par là un stigmate social disqualifiant. Ce processus résulte de changements socio-culturels au sujet des homosexualités contemporaines, mais aussi de configurations locales qui favorisent l’affirmation d’une telle minorité. Cette influence ne concerne pas l’ensemble d’une minorité qui, par définition, est difficile à circonscrire précisément. Dans le Village, certaines composantes des populations gays trouvent les moyens socio-spatiaux d’une conquête identitaire. Cette minorité active masque l’invisibilité parfois criante d’autres populations homosexuelles les lesbiennes, mais aussi des homosexuels moins riches, moins favorisés et aussi, moins blancs », bref, des minorités dans la minorité. Notes [*] Colin Giraud, maître de conférences en sociologie, Université Paris-Ouest Nanterre La Défense, Laboratoire Sophiapol – Centre Max [1] Au Québec, l’utilisation du terme gai », plutôt que l’anglicisme gay, s’inscrit dans la pratique de francisation des termes issus de l’anglais. Nous utilisons ici gai dans les citations de sources locales ou de propos des enquêtés québécois. À l’inverse, écrit par un auteur français, le texte utilise gay dans son orthographe anglo-saxonne, habituellement utilisée en France. [2] Dès 1970, la Saint-Jean prend une dimension politique et contestataire pour les francophones ; les épluchettes de blé d’Inde sont des fêtes traditionnelles familiales québécoises autour du maïs. [3] Ce type de population arrivant dans un quartier populaire et le caractère encore limité du changement social local font la spécificité des processus de gentrification marginale, au regard d’une gentrification plus classique Bidou-Zachariasen, 2003. [4] Diffusion des images gays et des symboles arc-en-ciel sur les devantures commerçantes, notamment. [5] Week-end de festivités dans le Village organisé au mois d’Octobre, depuis 1990. [6] Le festival célèbre la fierté homosexuelle pride pendant une semaine dans le Village et s’achève par le défilé, la première édition remonte à 1992. [7] Plusieurs entretiens et témoignages attestent surtout de ces changements dans le nord-ouest du quartier rue Amherst, nord des rues Beaudry, Panet ou Plessis et au sud, rue Sainte-Rose. [8] Si les gays sont, relativement aux autres, plus riches et plus diplômés selon les rares enquêtes permettant de le mesurer, c’est surtout l’effet de stéréotype sur les homosexuels qui apparaît ici. [9] L’anglicisme bear ours désigne un style physique d’homosexuels censés être particulièrement virils en raison d’une pilosité abondante et d’un corps imposant, musclé ou gros ». La culture bear fait référence à ces lieux et ces codes vestimentaires et esthétiques spécifiques Le Talec, 2008. [10] Dereka Rushbrook définit ainsi les queer spaces, espaces de l’étrangeté et de la différence, que les citadins fréquentent pour se confronter à l’altérité, qu’elle soit ethnique, culturelle ou sexuelle. Brasserie l'AgrivoiseC'est à 1000 m d'altitude, à Saint-Agrève, sur la route de Tence, que s'est installé Xavier Clerget, un des membres fondateurs du Front Héxagonal de Libiération. Il aime se présenter comme "faiseur de bière en Monts d'Ardèche". Après un passé de brasseur amateur, il s'est installé sur le plateau ardechois pour travailler en couple à la campagne. La brasserie s'est agrandit en 2014 avec un espace d'accueil tout en pierre, en bois, en paille et en terre, les matériaux du plateau. Dorénavant, la brasserie dispose d'une taverne, avec six becs pression, où il a toujours une place pour un brasseur ami, elle est donc devenue un lieu culturel et un véritable lieu de vie..Les bières de Xavier sont des interprétations de différents styles et différentes influences, et tous leurs noms sont des jeux de en savoir plus Brasserie AixpressionInstallée aux portes d'Aix-en-Provence, à Rognes, la petite brasserie familiale mère et fils, créée en 2015, s'est spécialisée dans la fabrique de bières artisanales de qualité, traditionnelles avec des petites notes rappelant la Giroud, 18 ans, co-fondateur avec sa mère de la brasserie, décroche son bac et intègre une école de commerce marseillaise. Il a 16 ans lorsqu'il se lance après un défi de copains, et la passion brassicole ne quitte plus le lycéen qui peaufine sa technique et ses recettes devant ses parents issus du monde du mère Sylvie, y a vu une opportunité, et a accepté de l'accompagner dans cette aventure s'il rédigeait un business plan et terminait ses études. L'Aixpression cherche d'abord l'expression aromatique plus que les bières à forte charpente et grosse amertume. Comme un clin d’œil au monde du vin, au moment de la mise en bouteille, leurs bières sont réensemencées avec des levures champenoises pour obtenir une bulle plus fine et élégante. Brasserie La ParisienneIssu d’une famille de vignerons et lui-même propriétaire des champagnes Louis Barthélémy, Jean Barthélémy Chancel s’est pris de passion pour les bières artisanales lors de ses voyages en France et à l’étranger, notamment aux Etats Unis, en Belgique et en par une offre française standardisée et industrielle, il décide de créer sa première brasserie en 2011 la Brasserie Artisanale du Luberon, spécialisée en bières biologiques non filtrés et non pasteurisées, avec re-fermentation en autodidacte passionné bénéficiant d’un solide savoir-faire viticole, cette première expérience lui permet d’acquérir l’expertise brassicole crée la brasserie artisanale La Parisienne à Paris, aux pieds de la Butte-aux-Cailles en 2014 pour partager cette passion de la bière artisanale et redonner à Paris sa bière. Née au cœur de Paris en 2014, la brasserie artisanale La Parisienne déménage en 2016 dans une ancienne usine de compresseurs à Pantin. Brasserie An Alarc'h"An Alarch" signifie "le cygne" en breton. Xavier Leproust, brasseur amateur arrivé dans les Monts d'Arrée depuis plus de dix ans, est installé à Huelgoat. Il a bon espoir que les brasseurs bretons se regroupent et que la filière bio Orge-Malt-bière bretonne se développe. Xavier brasse des bières d'inspiration typiquement anglaises, avec une prédilection pour les bières noires. Il utilise le brassage par infusion en monopalier, méthode traditionnelle anglo-saxonne utilisée pour les Ales. Ses bières portent toutes des noms bretons, tirées à la main, à la manière traditionnelle des Real Ale. Fervent défenseur des bières bretonnes, il propose à la vente dans sa brasserie les bières d'autres microbrasseries bretonnes, et a rejoint le 1er Décembre 2007 la SCOP brasserie Tri Martolod. Brasserie du Pays MinierLa brasserie artisanale du Pays Minier se compose de cinq associés, une bande de copains, tous fans de bière et du Bassin minier qui ont mis des moyens en commun pour brasser en son cœur même dans le Cœur d’Ostrevent, au centre du triangle Escaut, Scarpe et Sensée. Brasserie Ancelle

un moment de convivialité québécois autour du maïs